11 septembre 2007

Naissance du football américain à Marseille

S’il y a bien un club qui a marqué les esprits dans la ville bleue, c’est celui des Phocéens. Et pour cause, il est le seul club de l’histoire de la ville à avoir participé à la division 1.

Le club fait son apparition en 1988, sous le nom de Phocéens, dans le championnat de division 2.

Trois ans plus tard et deux demies finales perdues d’affilées, le club réussit enfin à remporter le Casque d’Argent 1991(division 2), sous la houlette du Coach américain, John Mugglebee. Ce dernier ayant été remplacé aux Argonautes par l’arrivée de Larry Legault. Le club est en pleine ascension et vit une véritable succès story.

Mieux, il réussit à se qualifier pour les demies-finales de division 1, un an plus tard, en battant les coriaces Anges Bleus. C’est le club rival des Argonautes qui va stopper la belle aventure des Marseillais par une victoire, sans appel, de 49 à 14. On est fin 1992. Entre temps, le club a migré de Marseille à Marignane et à changé de nom pour devenir, les Arcs-en-ciel.

Oui mais voilà, la belle machine va s‘enrailler !


A vrai dire, rien n’est vraiment claire (encore aujourd’hui) sur les évènements qui vont se dérouler durant l’été 1992. La seule chose dont on soit certain, c’est que le Président de l’époque (M. Bez) disparaît dans la nature en laissant une dette de 200 000 F et des tas de factures non honorées. Au moment de reprendre les entrainements pour le championnat de division 1, c’est la stupeur ! Pas de bureau directeur convoqué, pas d’argent pour payer les déplacements, pas de quoi d’indemniser les quelques joueurs américains, … bref la faillite ! 

Dans un ultime soucis de désespoir, les joueurs vont tenter de créer un club en remplacement, appelé à la hâte : Notre-Dame-Aubagne, mais l’aventure est stoppée par des considérations juridiques : il faut payer la dette. De plus, les joueurs ne sont pas transférables dans la nouvelle structure, vu que leur club d’origine (les Phocéens) n’est pas dissout !






Ceux qui trinquent, au final, seront les joueurs. Privés de matchs officiels, ils devront se contenter de match amicaux en attendant qu’un nouveau club voit le jour.

Les quelques passionnés qui ne sont pas partis jouer aux alentours ou qui n’ont pas définitivement arrêtés par écœurement iront rejoindre, un an plus tard, les Rebels. Le seul club de la ville va tenter de reprendre le flambeau, mais ne réussira jamais à s’imposer sportivement. Le club du tout nouveau Président, Régis Huault, disparaît en 1995. Date, à laquelle voit naître un tout nouveau club, les Blues Stars.

Comment une ville aussi importante ne possède t’elle pas un grand un grand club de football américain au vu du nombre d’habitants dans l’agglomération et la présence d’une des plus grande académie de France.


Emile Lamblot, le Président du club, n’en finit pas de 
se lamenter sur le traitement que lui inflige la mairie
depuis deux ans.


Emile Lamblot, le Président du club, n’en finit pas de se lamenter sur le traitement que lui inflige la mairie depuis deux ans.

Cette question, nous sommes nombreux à nous la poser. Mais peu sont capables d’y répondre. Et en premier lieu les dirigeants du club. « La mairie ne nous fait pas de cadeau, et il est toujours impossible de savoir vraiment à l’avance où on va jouer nos matchs, faute de terrain ! » rétorque Emile Lamblot, l’actuel Président du club. 


Et c’est peut-être là l’explication. On est dans une ville de soccer et c’est vraie que la mairie ne fait pas de cadeau à cette équipe des Blue Stars. Tout le monde se souvient, l’année dernière, de ce match de playoff contre les Giants de Saint-Etienne reporté à la dernière minute par manque de terrain. On peut y voir aussi une volonté de la part de ville de ne pas faire ombrage au rugby local naissant. Il est vrai que la coupe du Monde de rugby approche et il serait de bon ton de favoriser une équipe professionnelle dans la troisième ville de France. D’autant que les matchs de l’équipe du XV de France fait stade comble à chaque représentation.

Bref, les amis du football américain ne se bousculent pas dans les collectivités locales pour permettre à ce sport d’éclore. Et pourtant ! Le club est très bien doté en effectif et réussit à aligner une quarantaine de joueurs à chaque match. Côté jeune : « la relève est en route et nous construisons peu à peu » affirme Julien Toth, un des cadres dirigeant du club. Et c’est là, le plus terrible de l’histoire, c’est que ce club ne manque pas de joueurs. Reste qu’il faut pouvoir les encadrer correctement et qu’actuellement les structures d’encadrement sont timides et s’appuie sur un forme de bénévolat. Les coachs ayant besoin de temps pour élever le niveau sportif et pérenniser un programme pour progresser, il devient urgent de prendre en charge un ou deux permanents rénuméré, surtout au niveau du coaching.

Côté sportif, l’équipe senior se qualifie régulièrement pour les playoffs mais se cassent aussi régulièrement les dents au premier tour. Il semble que les résultats sont liés à l’ambiance. Difficile d’en savoir plus car les protagonistes ne sont pas très bavards à ce sujet. La défaite face aux Giants, l’an passée, reste toujours inexpliquée. Comment un club qui fait un sans faute en poule a pu se faire battre (assez facilement), alors que son dauphin (Toulon) réussit à battre le leader de la poule Rhône Alpes ?

Bref, à Marseille tout est affaire de temps. «faut continuer à apprendre » dixit le coach offensif, Julien Toht. 


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