20 janvier 2013

Histoire de la création du championnat d'Europe ?

Après l’annonce de la création de l’IFAF Europe, on se pose évidemment tous la question. Le boycott en Eurobowl et Efaf Cup des équipes scandinaves (SUE, NOR, FIN) et celles de certains pays de l’Est va-t-il durer ?  Ces pays vont-ils profiter de la création d’une nouvelle fédération continentale pour lancer leur propre compétition et inviter d’autres pays ?

En fait un précédent a déjà eu lieu dans l’histoire. Il faut remonter au début des années 90. Vous allez voir les similitudes sont saisissantes.

Paolo Wölker
A l’époque l’EFAF n’existait pas, la fédération européenne s’appelait EFL (European Football League). A sa tête, je vous le mets en mille : un allemand ! Son nom : Paolo Wölker. Et comme tout allemand qui se respecte à la tête d’une fédé : l’homme pontifie. 10 ans de mandature à la tête de l’EFL pour Wölker, un peu comme notre ami Huber qui verrouille l’EFAF depuis 11 ans (auxquel on peut rajouter ses 15 ans à la tête de la fédé allemande. Le changement, ce n’est pas pour maintenant !)

Revenons à notre ami Paolo qui partage avec Huber (en plus d’avoir, lui aussi, présider un temps la toute première fédé allemande, l’AFBD) le même discours avec 20 an d’écart. Je vous livre en vrac un florilège retrouvé dans une interview :

-« Non, non la WLAF (ex-NFLE) ce n’est pas du football, c’est du spectacle ! 90% des gens qui vont voir les matchs du Galaxy ici à Francfort se déplacent pour le spectacle et non pour le sport »
-« Les fédérations ne sont pas aptes à contenir le mouvement de masse ?… Ni au niveau structures, ni au niveau commercial,… L’effet de mode suscite des problèmes car parmi les fans et les curieux, certains désirent réellement jouer… Hélas nous ne sommes pas prêts»
-« Même si le nombre des équipes est en constante augmentation, il y a moins de spectateurs pour assister aux matchs du championnat national allemand »
-« Je ne veux pas donner de noms. Certaines fédérations sont mieux structurées que d’autres »

L'EFL qui a précédée l'EFAF
Les mêmes arguments que nous sortent les défenseurs de Robert Huber lorsqu’on évoque le coups d’accélérateur financier et médiatique qu’il faudrait mettre en place avec l’aide de l’argent américain. A l’époque déjà, une grande partie du Comité Directeur souhaitait une révision générale des statuts mais son Président s’y opposait. Excédé par son autoritarisme et ses pratiques monarchiques, le comité directeur le pousse à la démission. On est à l’été 1992. Deux ans et demi plus tard (le 5 décembre 1994 pour être précis) l’EFL, qui est devenu un véritable panier de crabes où les intérêts politiques prime sur le sport, disparaît pour faire place à une nouvelle fédération : l’EFAF.

Au registre des similitudes, une volonté de plusieurs responsables de clubs réputés et fédérations de vouloir lancer une grande ligue en Europe, médiatisée, avec du spectacle sur le terrain mais aussi autour pour que les personne présentes aient l’impression de participer à un événement,… un Eurobowl puissance 10, en somme ! Il faut aussi rappeler que la WLAF venait juste de fermer ses portes après seulement 2 ans d’existence et laissait orphelins les Européens. La nouvelle ligue prend finalement forme sous le nom de « Euro League » pour finalement celui de FLE (Football League of Europe). Au menu de la 1er édition 1994, 7 clubs repartis en deux poules :

POULE NORD
- Stockholm Nordic Vikings
- Hambourg Blue Devils
- Helsinki Roosters
- Berlin Bears

POULE CENTRE
- Munich Thunder
- Great Britain Spartans (Sheffield)
- Amsterdam Crusaders
- Frankfurt Gamblers (tiens, ironie du sort c’est le nouveau nom du club que présidait notre ami Paolo à ces débuts : le club se nommait les Lions de Frankfurt). Les Gamblers qui viennent un peu combler le vide laissé par la fin d’activité du Galaxy après l’arrêt de la WLAF. Songez que la moyenne de spectateurs (29 856 par match) était supérieure à celles de la plupart des équipes de soccer.

Les Argonautes avaient décliné l’invitation et préféré rester en Eurobowl.

Vous l’avez remarqué, nos amis allemands n’ont pas mis longtemps à comprendre où sont leurs intérêts avec 4 équipes inscrites en FLE. Quant on songe que deux plus ans plus tôt, leur leader ne voulait pas en entendre parler. Un soutien allemand qui aide grandement la FLE à conclure un accord avec la chaîne câblée allemande DSF pour diffuser des matchs.

Stockholm Nordic Vikings, champions FLE
Quoique l’on en dise cette ligue va permettre de donner un bon coup d’accélérateur au foot us allemand. Elle n’aura certes été qu’un galop d’essai, un interlude entre la WLAF et l’arrivée de la nouvelle NFLE, mais aura largement permis aux teutons de placer leurs billes et convaincre la NFL qui menait déjà des démarches (via sa filiale : NFL World Partnership) pour lancer sa future ligue. C’est bien l’Allemagne qui sera choisie pour avoir 2, 3, 4 puis 5 franchises en NFL Europa. La FLE disparaît et laisse donc la place à sa concurrente américaine après deux années et deux titres pour Stockholm.

La vampirisation sur le championnat domestique, tant redoutée par Paolo Wölker, n’aura jamais eu lieu. Au contraire, le GFL va se porter comme un charme durant toutes ces années. « Avoir une NFL dans son jardin » comme disent certains, a été loin d’être pénalisant !

Pour moi cette histoire symbolise bien la dichotomie allemande. Cette faculté d’alterner, en un éclair, le pire et le bien, pourvu qu’elle se débarrasse d’un dirigeant qui la bride. L’allusion est osée mais la réalité est là.

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